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Mass Gaming

Enter the Void

13 Août 2011 , Rédigé par Mass gaming - Lord[A]drae Publié dans #Cinéma

Bonjournos los compañeros ! C’est Lord[A]drae, pour cette fois-ci une critique du psychédélique Enter the Void. 

 

http://images.ados.fr/cinema/photo/hd/1425303142/cinema/enter-the-void-28416760de.jpg

Un film réalisé par Gaspar Noé, avec Nathaniel Brown, Paz de la Huerta et Cyril Roy, sorti en 2009, genre fantastique/drame, pour une durée de 2h30 (de plaisir).

Ce long-métrage nous raconte un fragment de la vie et de la mort d’Oscar, un toxicomane. Celui-ci vit à Tokyo avec sa sœur, pin-up, qu’il a récemment retrouvée après avoir été séparés à la mort de leurs parents. Un soir qu’il sort de chez lui pour livrer du « produit » à quelqu’un, il est pris en chasse par la police, et meurt lamentablement, tué par balle dans des toilettes (on a vu plus classe comme mort). Cet évènement passé, on vit par les yeux du mort une sorte de trip post-mortem, où il voit les conséquences de sa mort, et la débâcle de sa sœur.

Je commencerai par la mise en scène et la caméra, qui pour moi sont les gros points forts du film. Dès le début, on passe à un cheveu de la crise épileptique grâce à un générique haut en lumières psychédéliques et une musique relativement trash. Sans mauvais jeu de mot, le réalisateur nous annonce la couleur. Ensuite, particularité très appréciable de ce film, c’est que l’on voit le monde par les yeux du personnage. La caméra remplace le visage du personnage principal, et on peut vivre tous les mouvements des bras, de tête, etc. Ca impose une certaine immersion plutôt rare dans un film de ce genre. Si les junkies se reconnaîtront, ce n’est pas évident pour les non-connaisseurs de cet univers noir et sans pitié. On voit le monde par les yeux du personnage, ce qui veut aussi dire que l’on vit ses trips. Là encore, les drogués décocheront un sourire en hochant la tête, mais pour ceux qui ne sont pas concernés, ils trouveront ces moments « ambiance psyché de windows media player » longs et casseurs d’ambiance. Lors de la mort du personnage principal, on incarne son âme vagabondant dans la ville, là encore, on s’y croirait. Mention spéciale donc à la caméra et la mise en scène, psychédélique à souhait. On aime ou on n’aime pas. Personnellement j’ai adoré.

Le scénario à présent. Y a pas à dire, on sort des sentiers battus. Rares sont les films racontant un trip post-mortem. L’univers est délicieusement crade, oubliez les règles d’éthique et le respect du genre humain. On peut véritablement dire qu’on entrevoit les bas-fonds de Tokyo, alors si vous aimez les petites fleurs et les papillons, passez votre chemin. Mais si comme moi vous trouvez que la drogue est stigmatisée, choque à tord, et qu’on en parle trop rarement, alors vous serez servi. A la manière de Requiem for a Dream, vous n’aurez pas envie de courir chez votre dealeur le plus proche pour acheter votre dose de farine, mais c’est une sacrée plongée dans un univers inconnu de beaucoup.

La bande-son est essentiellement composée de techno noire, qui accompagne cette plongée vers les vices de notre société. Elle se fait discrète tout en accompagnant parfaitement le film. Pour vous faire une idée, écoutez Corona Radiata de Nine Inch Nails, ça reste dans ce genre de son doux, faisant penser à l’espace et la solitude.

Les acteurs sont bons. En fait, on a l’impression qu’ils ne sont pas réellement des acteurs. On aurait plutôt l’impression qu’on regarde une sorte de reportage. Aucune fausse note, les visages défoncés ou marqués par la drogue et l’alcool éclairés par les néons sont plus vrais que nature. Là encore, c’est la plongée dans un univers noir et sans espoirs que sont les émotions des junkies.

Un film d’une noirceur absolue, éclairé par les néons des bordels de Tokyo, et animé par des junkies sous amphétamines, sur un fond de musique techno. Une sorte de trip sous acid post-mortem, qu’on aime ou qu’on déteste. Interdit aux épileptiques. Dommage pour eux, ils ratent quelque chose d’énorme.

 

8/10

Lord[A]drae

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