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Mass Gaming

[Critique] J.Edgar

29 Février 2012 , Rédigé par Nirvana Publié dans #Cinéma

Quand on va souvent au Cinéma, on peut voir facilement la disparition et le favoritisme pour certains genres. On peut voir ça facilement avec les Films d’horreur, il y a quelques années on avait des blockbusters d’horreur avec Romero, Craven, Carpenter, Hooper… Maintenant, on a des blockbusters d’action avec une tonne de super héros… Mais, il y a un genre qui persiste toujours dans un petit coin sombre, réservé à des réalisateurs qui ont un peu d’expérience, bien sûr, le nombre de films augmente souvent, mais c’est simplement parce que les sujets se multiplient avec le temps, le genre Biopic est vraiment dur à manier, on reçoit l’appui de la réalité, mais on peut très vite ennuyer la moitié des gens qui vont regarder le film, parce que la carrière spectaculaire du créateur de Cuisine TV, ce n’est pas non plus passionnant.

 

http://www.culturopoing.com/img/image/Laura/j_edgar_affiche.jpg


J.edgar est un film sorti le 11 janvier 2012 réalisé par Clint Eastwood, réunissant Leonardo Dicaprio, Naomi Watts, et Armie Hammer, rien que ça.

Le sypnosis pour commencer, l’histoire nous amène à suivre le « règne » de J.Edgar Hoover à travers la création et l’évolution du FBI durant 48 ans. La raison pour laquelle Edgar nous raconte cette histoire est qu’il veut qu’on écrive une sorte de biographie, ses mémoires. On découvre donc que le personnage s’entoure de ses alliées rapidement, Helen Gandy (Naomi Watts) lui met un râteau en début de film, il décide donc d’en faire sa secrétaire personnelle, si on devait faire ça pour toutes les filles qui mettent des râteaux… On aurait plus besoin de téléphone tellement on aurait de secrétaires. Et à cela, on rajoute Clyde Tolson (Armie Hammer) qui lui est engagé sur dossier lors d’un entretien, mais là encore, il y a un léger problème, on sent que J.Edgar a un certain favoritisme pour lui. C’est donc avec cette fine équipe que l’on va suivre J.Edgar dans les affaires marquantes du FBI à ses débuts, en découvrant petit à petit sa personnalité. Il ne faut pas oublier que c’est un film sur le personnage, et non l’institution qu’il représente.

 

Clint Eastwood n’est pas nouveau dans le business de la biopic, on a eu Invictus y a deux ans, qui était déjà une réussite, J.Edgar ne pouvait pas être loupé dans la forme, le fond pouvait se planter, certes, pour vous rassurer, ce n’est pas le cas. Mais avec les acteurs que Mr. Eastwood a collés à son film, Dicaprio pour le premier rôle qui enchaîne les films à succès, et avec un jeu d’acteur toujours aussi impeccable, Naomi Watts qui, même en second rôle et une VF d’une femme sourde et muette (ce qui d’ailleurs, me fait toujours autant chier.), est toujours sympathique à voir jouer, et Armie Hammer, Le mec qui joue les Winklevoss de Social network, qui ne déçoit pas. En gros, le casting est bon, quelques nominations sans récompenses, compréhensible le jeu n’en vaut peut-être pas une, et perdre face à Clooney et Gosling, ce n’est pas une honte.

 

Et, Clint Eastwood fait très bien son boulot car la personnalité de J.Edgar est très bien décrite : Megalomane, paranoïaque, Manque de confiance en lui, un besoin de reconnaissance, fils à maman (même un complexe d’Œdipe), et pour finir, utilisant des pratiques liberticides. De quoi édulcorer un film. Toutes ces parties ont le droit à une ou plusieurs scènes, et même si toutes ces façades ne sont pas explicitement dans le texte des acteurs, on le devine très simplement, et c’est une marque que cette biopic est, dans le fond, réussite.

 

Maintenant, le point principal de ce film, c’est le secret de Hoover. Le secret selon lequel Hoover était homosexuel. Mais, ce secret ne sera jamais dévoilé, déjà à cause de l’image du chef du FBI (surtout à cette époque, une excellente biopic sur Harvey Milk vous parlera de ça mieux que moi.), puis à cause de la pression qu’effectue la mère de Edgar sur lui, qui dans une scène, prend pour exemple un gamin qui s’est suicidé, car il était homosexuel. De quoi donc éviter, au mieux, de raconter qu’on est homo. Malgré tout ça, les personnages de Clyde Tolson et J.Edgar entretenaient une relation quasi amoureuse. Dès la première scène entre les deux personnages, le doute s’installe, et tout devient légèrement ambigu, par exemple Clyde se fait engager alors qu’il est possible qu’il en vienne à créer une agence privée de sécurité, tout ça même si Edgar insiste sur le fait qu’il faut être de confiance, et loyal. Même si une phrase lors de l’entretien change la donne, Clyde fixe aussi une condition lorsqu’il devient le second d’Edgar, qui est de manger tous les jours ensemble. Et cette relation ambiguë donne aussi lieu à une des seules scènes où les deux héros s’expriment vraiment, qui est une scène très bien filmée, et qui est crédible pour une scène qui a un ton dramatique.

C’est aussi une des forces du film, les scènes dramatiques sont crédibles. Je ne vous les dévoilerai pas toutes, mais grâce à la réalisation de Clint Eastwood, et au jeu d’acteur de Dicaprio, on croit vraiment à la fragilité de J.Edgar. Ce n’est pas vraiment étonnant, vu que même dans Gran Torino, Eastwood se met lui-même en scène comme un personnage vieux, nous montrant ses rides et insistant dessus grâce des jeux de lumière. Cette Biopic est donc assurée autant dans le fond que de la forme pour quasiment toutes les scènes du film.

 

Malheureusement, je n’ai plus 16 ans, et les biopics n’ont plus le même effet sur moi. Quand je voyais une biopic, j’y croyais, c’était comme si Wikipédia avait décidé de faire un film sur une personnalité, et quand on lit un truc sur Wiki, on y croit tous. Mais, j’ai vieilli, je suis devenu aigri et désagréable, et j’ai l’impression que cette histoire est peut-être un peu trop romancée. Elle finit par être trop hollywoodienne, surtout pour la partie de la vie privée de J.Edgar (même si, plusieurs preuves montrent qu’il était sûrement homosexuel, notamment une correspondance douteuse entre Purvis, l’homme qui a arrêté Dillinger (Christian Bale dans Public Ennemies… ça vous revient la ?) Et J.Edgar. ). D’un côté, ce n’est pas un documentaire, mais bien un film donc on peut autoriser ce genre de chose, maintenant, si on veut être aussi aigri que moi, et bien, on se plaint.

 

Pour conclure, J.Edgar est un bon film, et une excellente biopic, nous racontant très bien la vie du personnage avec un soupçon d’exagération peut-être, et qui peut-être s’étale un peu trop sur la durée (2h15).

 

8/10

 

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